Juillet 1964 : Vignemale, Dièdre Jaune

Carnet de course
de Jean & Pierre Ravier
(extrait du livre « 60 ans de pyrénéisme »)

VIGNEMALE : DIEDRE JAUNE
19 et 20 juillet 1964
Bernard Grenier, Jean et Pierre Ravier.

 » Retrouvailles chez Marcel Bernos le samedi après midi vers 5heures. Montée par Ossoue…Baysselance vers 10 heures du soir.Pas mal de Bordelais.
Après être passés sous la voie classique de la Face Nord – où il y a affluence (en dehors des voies normales – sur ce seul versant, une autre cordée fait les séracs du Petit Vignemale – et nous apprendrons par la suite que le lendemain des Espagnols feront le Piton Carré…), nous commençons l’escalade vers 8heures, avec du soleil…

Tout marche bien (un seul petit incident à signaler : la rupture d’une prise à la 2ème longueur difficile, mais pas dans la main du 1er…) jusqu’à 13 heures où on atteint la grande vire sous le ressaut (passé un peu plus à gauche – au débouché du dièdre difficile, moins qu’en 61, là où un bloc avait cédé). Longue halte.

En 3 heures environ on atteint le bivouac en haut de l’écaille (à la 1er longueur il restait 2 pitons). Jean installe corde et étriers à la longueur au dessus. Bon bivouac assis. Pas froid (tous les trois, nous avons cette fois des duvets). Beaucoup de gueule et d’ambiance. Reprenons l’escalade vers 6heures ¼. Sortie du 1er à 3heures ½…

Point ultime atteint en octobre 1962 rejoint assez rapidement (à l’endroit où on contourne un surplomb très aérien : photo de Bernard suspendu à une broche…inquiétante…) Longueur très vache au-dessus (fissure –dièdre en mauvais rocher). Long relais. Echanges verbaux avec des grimpeurs sur l’arête intermédiaire de la voir classique.

Ensuite moins difficile… Jean sort enfin de la paroi vers 3heures ½ juste au moment où l’orage éclate et où Pierre commence à rejoindre Bernard (se trouvant au dernier relais). Grêle très forte. Pluie. Froid. Sortie à la brèche sur l’arête de Gaube beaucoup d’allure : très grosse ambiance.

Descente vers le col des Mulets puis Oulettes et montée (un calvaire !) à la Hourquette, le refuge (Lartigue, Adagas, F. Gohier…) Descente nocturne et retour à Bordeaux vers 3 heures du matin. »